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 #| Eskara - Maenwenn

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Eskara

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Admin tyrannique 8D

Féminin Nombre de messages : 1531
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Feuille de personnage
PUF/Pseudo : Coconut's
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MessageSujet: #| Eskara - Maenwenn   Mar 21 Déc - 17:41


    Le meilleur menteur est celui qui fait servir le même mensonge le plus longtemps possible. Samuel Butler


    Eskara
    Surnom : Skara, skarou… etc
    Âge : 4 mois
    Meute : Maenwenn
    Rang : Louvard
    Sexe : Femelle
    Liens : Nièce de Haelara.

    Le passé de votre Personnage :

    - « Venez mes petits anges, venez… »
    Leurs seize pattes en file indienne laissaient des traces dans la neige. Il les retrouverait forcément s’il se levait trop tôt. C’est pour cela que la mère priait pour qu’une tempête de neige les suive et efface leurs empreintes creusées dans la poudreuse. Leurs souffles étaient saccadés, ils marchaient vite et leurs cœurs tambourinaient dans leur poitrine. C’était la peur. Celle qui vous glace le sang et qui vous retourne l’estomac. Les louveteaux, quant à eux, ne comprenaient rien de ce qui était entrain de se dérouler. De plus, leur jeune âge pourrait leur être fatal par ce froid glacial si jamais ils restaient trop longtemps sans abri. Le premier de la file se cachait derrière sa maman, trébuchant régulièrement. Il ne voulait pas la perdre et lui attrapait même la queue parfois pour ne pas être trop loin d’elle. Celui du milieu était le plus fragile, il toussait sans arrêt et peinait à avancer. C’était sa sœur, la dernière de la file, qui le poussait de temps en temps pour ne pas qui se laisse distancer et surtout qu’il ne lui arrive rien. C’était elle la plus robuste. Elle avait peur, comme toute sa famille, mais ne le montrait pas et tâchait plutôt de se préoccuper de son frère qui était retombé une nouvelle fois dans la poudreuse. Elle savait très bien qu’à un moment il ne pourrait plus avancer. Son corps n’était pas fait pour supporter un tel exercice dans ce froid. Même parfois, la jeune se demandait si elle aussi pourrait tenir, et surtout jusqu’à quand. La mère accéléra encore le pas, décidant cette fois-ci de prendre le plus fragile dans sa gueule afin qu’il se repose un peu et qu’il ne tombe pas de fatigue une nouvelle fois. Sauf qu’il y eu des pas. Des pas pressés et lourds. La louve ne se retourna même pas, elle savait qu’il était derrière eux. Maintenant, elle n’avait plus qu’une seule idée en tête : trouver une cachette. Le problème, c’est que dans cette neige impériale on ne pouvait voir que son profond pelage noir. Et des cachettes, soit elles étaient occupées, soit elles étaient bien trop inaccessibles. Les pas se firent de plus en plus audibles, mais toujours d’une allure égale. Ce n’était pas lui qui accélérait, mais eux qui ralentissaient sans même s’en rendre compte. La grande noire découvrit en fait un endroit qui pourrait les abriter, elle et ses trois bambins. Les pas se taisent. Alors, comme pour se rassurer, elle regarda un instant en arrière, laissant entrer ses petits à l’intérieur. Erreur. Trop tard.

    Les paupières de la jeune blanche commencèrent à s’ouvrir. On pouvait y voir clairement la douleur envahir tout son iris ambré. Cela la lançait au niveau de son abdomen, comme si quelqu’un était entrain de la découper en des milliers de morceaux. Le peu de force qui lui restait ne lui permettait pas de se relever et de regarder la réelle cause de cette souffrance. Sous son poil, elle sentait sa peau humide. Elle saignait. Peut-être un peu trop. Son cœur palpita de nouveau, lorsqu’en comprenant qu’en restant planter là elle mourrait, elle tenta de se lever. La petite retomba au sol comme une lourde pierre qu’on jette d’une falaise. Ses yeux qui avaient fait un réel effort pour s’ouvrir prirent la route à reculons et ses prunelles se firent presque invisible. Clac. Des crocs acérés se refermèrent sur sa nuque et en une seule seconde son corps ne toucha plus le sol. Des images floues défilées devant ses yeux tel un tourbillon. Au début, elle crut voir sa vie se déroulait en accélérer mais en fait, c’était de vrais images, c’était le paysage. Son esprit embrouillé tentait de comprendre la scène, mais la loupiotte était bien trop assommée pour cela. Et elle s’évanouit de nouveau, espérant que ce fil imaginaire qui la tenait en vie ne comptait pas lâcher prise.

    - « Elle tient de lui Math, et donc toi. Ça se voit, elle te ressemblera. »
    Les voix qui l’entouraient lui étaient inconnues. Elle sentait que l’on parlait d’elle. Les souffles que les inconnus refoulaient par leurs paroles la réchauffaient. Etrangement, malgré que la jeune louve ne connaisse aucune de ses personnes, elle ne se sentait en aucun cas menacé. Ses paupières commencèrent lentement à se soulever. Son abdomen la faisait encore souffrir, mais c’était une douleur supportable, juste de simples picotements. Ses iris purent enfin regarder normalement. Enfin, normalement n’était pas vraiment le mot. Tout était sombre, au début, elle crut être devenu aveugle, cependant les contrastes d’ombres et de lumières au plafond la soulagèrent sur ce point. La loupiotte se trouvait simplement dans une grotte d’après ce qu’elle pouvait voir. Le sol était humide et le haut semblait l’être aussi, orné de quelques petites gouttes qui menaçaient de tomber d’un instant à l’autre.
    - « .. La garder tu sais elle ne se’… Oh mon dieu elle est réveillée ! Ma puce… Ne t’en fais pas tout va bien. Nous ne te ferons aucun mal. Voilà c’est ça, n’aie pas peur. Je m’appelle Aëlaa, et lui, ce gros grincheux là, c’est Math. Je… Je crois qu’il aura quelque chose à te dire quand tu te seras un peu plus rétabli. Hum.. Nous faisons partis d’une meute, voisine de ton territoire, la meute des Seoc. Math en est le dirigeant. Et moi… Moi je… Disons que je suis, enfin oui je fais partis des nourricières. Celles qui s’occupent des jeunes. »
    La petite blanche n’avait pas vraiment écouté tout ce discours. A vrai dire elle n’avait entendu que la partie où le gros loup derrière la douce nourricière était censé lui parler. S’étant un peu plus habitué à la lumière, elle pu mieux remarquer les expressions du mâle qui la regardait avec peur. Pourquoi devrait-il avoir peur d’elle ? Ce n’était qu’une enfant. Et pourtant, ses prunelles ne laissent paraître qu’une gêne et une terreur assez incompréhensible. Il était fort, d’un blanc un peu cassé par endroit, et ses yeux sombres se mariaient parfaitement avec la noirceur de l’endroit. Aëlaa, quant à elle, était grise. Ses pattes par contre étaient beaucoup plus claires et remontées en dégradé pour finir au véritable gris. C’était une superbe louve, avec une silhouette fine, vraiment féminine. Elle s’éclipsa discrètement, tout en laissant son regard tendre et amical posé sur la petite, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus la voir.

    Math la fixait toujours de cet air inquiet. La jeune voulait lui demander pourquoi il faisait une telle tête, mais son état ne lui permettait pas encore de bien articuler, elle le sentait dans sa mâchoire qui lui semblait peser des tonnes. Enfin, le gros mâle blanc finit par balbutier quelques mots.
    - « Euh.. Le guérisseur ne va pas tarder. Repose-toi. »
    Il ne savait pas la regarder dans les yeux, et il partit aussitôt que cette phrase fut terminée. Quel étrange personnage. La jeune blanche ferma les yeux pour se reposer un peu. Mais sa sieste ne pu même pas commencer. Un vieux canidé entra dans la grotte. Il était petit de taille, et assez maigre. Il avait des cicatrices plein le visage et quelques unes sur le corps. Ses yeux... Non, son œil. Il était borgne. Rien qu’à son physique on pouvait remarque que sa vie n’avait pas du être facile, et que des aventures, il n’en avait pas manqué. Il exposé un air sérieux mais souriant, ne voulant certainement pas effrayer sa patiente. Le guérisseur déposa quelques herbes accompagnées d’un petit bout de viande devant le museau de la loupiotte tout en lui demandant d’avaler ça au plus vite. Sa voix était grave mais ne semblait pas méchante. Elle hésitait. Mais l’odeur de la chair fraîche la convînt à manger. Les herbes étaient loin d’être délicieuses, sauf que d’après le vieux loup, elles lui permettaient de cicatriser plus rapidement. C’est lors qu’il parla de sa blessure qu’elle se souvînt vraiment. Le sang, la panique, la course, la chute. Son cœur se figea et tous ses membres se mirent à trembler. Le guérisseur ne s’en inquiéta pas et compris vite que cette réaction n’était pas du à la douleur physique, mais bien celle du cœur. Il tenta de s’excuser platement, comme le font toutes les personnes au courant d’un drame, mais il s’arrêta dès qu’il vit le mépris que lui lança le regard de la jeune louve. Ce n’est que maintenant qu’elle réalisé qu’elle était seule, seule de sa famille. Où étaient les autres ? Pourquoi n’étaient-ils pas à ses côtés ? Et sa maman, pourquoi n’était-ce pas elle que lui demander de manger ? Pourquoi elle n’était pas là pour lui lécher le museau affectueusement ? Alors, prise d’un élan de chagrin, elle voulut se lever, aller voir dehors et hurler leurs noms pour que la terre entière puisse l’entendre.
    - « Eskara, arrête de bouger ! »
    L’ordre sec vînt du guérisseur. Le ton de ses paroles, non, non ce n’est pas cela qui surpris Eskara. Mais son prénom, oui, il connaissait son prénom alors qu’elle ne savait rien de lui, même son visage lui était inconnu. Ses prunelles restèrent figés sur l’œil unique du mâle. Mais qui étaient ces gens si accueillants ?

    Le lendemain, la loupiotte se réveilla aux aurores. Sa blessure n’était pas encore tout a fait guéri, mais elle pouvait se lever et marcher quelques pas. Certes son allure faisait assez pitié à voir, mais le visage du guérisseur était plus compatissant qu’autre chose. Elle n’avait pas dormi de la nuit à vrai dire, mis à part quelques minutes par ci par là. Elle avait même assisté aux changements de « gardes ». Apparemment, chaque nuit, des loups étaient désignés pour garder l’entrée du camp, la grotte des soins, et la place aux nourrissons. C’est Sawdien, le guérisseur, qui lui avait expliqué un peu le déroulement des jours et des nuits de la meute. Il lui avait permis de comprendre les rangs, et quelques unes de leurs coutumes. A chaque pleine lune, tout le groupe se réunissait autour d’un grand rocher, logé à l’intérieur de la forêt au sein de leur territoire. Et ils hurlaient, tout en faisant un vœu précis. Ils appellent cela « L’appel à la Lune ». Deux fois par semaine, une grande chasse est organisée. Les membres des Seoc se dirigent vers la plaine ou encore le terrain des herbes folles, et ils chassent en bande pour un meilleur résultat. Le reste du temps, la chasse est personnel ou par petit groupe, si jamais la réserve manque de nourriture. Il y a trois guetteurs, leur rang signifie qu’ils doivent arpenter les terres afin de découvrir si un ennemi c’est introduit dans leur territoire. Mais ce n’est pas tout, leur boulot est bien plus approfondi et périlleux. Une fois par an, un des guetteurs part vers de nouveaux territoires pour savoir ce qui s’y passe. Ils traversent beaucoup d’épreuves pour cela, et revient parfois quelques mois plus tard sans plus d’informations à donner. Cependant, il y a des années où le loup peut découvrir d’autres meutes, des terres inutilisées qui pourraient servir à la meute, des astuces récoltées à d’autres loups solitaires, et beaucoup d’autres choses encore. Malheureusement, il arrive aussi que le guetteur ne revienne pas. C’est pour cela qu’ils ont un délai lors de cette dangereuse excursion, le loup doit revenir une saison plus tard, ou avant si jamais il rencontre des problèmes au cours du trajet. Pour le moment, Eskara n’a eu le droit qu’à savoir cela, mais Sawdien comptait bien lui raconter la suite plus tard. Elle le regarda, pleine de tristesse. Ce n’était pas le moment. D’ailleurs tout le long de son récit, la veille, elle n’avait pas arrêté de se demander ce que tout cela signifiait. Elle avait la ferme intention de ne pas rester parmi eux, mais sa curiosité la poussait à en savoir plus.

    - « Eskara, viens. Il est temps que l’on parle. »
    Quelques jours étaient passés après son arrivé dans la meute des Seoc, et elle n’avait pas revu Math depuis sa première apparition dans la grotte. Tous les loups l’avaient merveilleusement bien accueilli, comme si elle était déjà de leur famille. Sauf lui, qui avait était froid et distant lors de leur rencontre. C’était la seconde fois qu’il se voyait, et le regard du mâle était encore plus effrayé que la dernière fois. Si quelqu’un assistait à la scène sans la voir, il pourrait croire que Math voyait un fantôme ou encore un monstre. Il la fit entré dans son antre. Cette dernière était beaucoup plus éclairée que la grotte aux soins, mais plus profonde aussi. Il lui demanda de s’asseoir, comme si ce qu’il s’apprêtait à lui annoncer aller la faire tomber.
    - « Je... Enfin, tu… Moi... Je suis ton grand-père. »
    Les mots avaient fusé dans la tête d’Eskara comme une météorite. Son cœur se mit à battre la chamade et ses poils se hérissèrent de surprise. C’était donc pour cela qu’il n’osait pas l’approcher ? Pour ce lien qui les unissait sans même qu’ils l’aient désirés ? Ses yeux étaient grands ouverts face au mâle imposant qui, malgré son air supérieur et sérieux, n’osait même pas croiser son regard.
    - « J’ai crée ton père. »
    Je l’arrêtais net, lui interdisant formellement d’appeler cet individu "mon père".
    - « Oh, oui… Pardon. Bon, je reprends. J’ai crée Juan avec une de mes nombreuses conquêtes, une belle brune élancée au nom de Sarwella. Notre histoire n’a pas duré longtemps, juste quelques nuits à vrai dire. Elle était aguicheuse et j’étais un séducteur. Trois louveteaux sont nés de cette union. Je les observais de loin. Malgré que ce ne soit pas mes premiers petits, je faisais beaucoup plus attention à eux que les autres. D’ailleurs, les autres, je n’ai même pas cherché à savoir ce qu’ils étaient devenus. La plus forte, sa mère l’a chassé. Ton père, enfin ton géniteur, a décidé de se rebeller et de partir à son tour. Le dernier de la portée ne me portait pas grand intérêt, son innocence m’insupportait. La belle s’appelait Haelara, elle dirige à présent une meute d’après ce que certains guetteurs ont entendu dire. Mais personne ne la revu. Juan, quant à lui, est resté près du territoire. Je gardais donc un œil sur lui au fil des années. Puis j’ai rencontré des loups, avec qui nous avons formé un groupe dans lequel j’ai été élu meneur après la mort du premier. Juan a rencontré ta mère, vous êtes arrivés, et ceux qui t’emmènent ici aujourd’hui aussi. Il faut que tu saches que, je n’ai rien pu faire contre ce qu’il a fait. J’ai tenté de l’arrêter, et cela m’a valu ma boiterie à la hanche. Personne ne pouvait rien contre lui… Mais on est là Eskara, nous sommes tous là aujourd’hui pour t’aider à te reconstruire. Oh, et aussi, c’est grâce à Aëlaa que je t’ai retrouvé, sans elle tu serais… Enfin, tu sais bien… »
    Elle manquait beaucoup trop de vocabulaire pour exprimer ce qu‘elle ressentait. Math venait de lui refaire le récit de son existence en oubliant les passages les plus durs qui étaient pourtant ceux qui avaient bercé son existence depuis sa naissance. Oui, il avait évité de parler des massacres sanguinaires que Juan avait commis. Il avait oublié de mentionner les nombres de coups qu’il avait porté à ses louveteaux et leur mère. Il n’avait pas expliqué en détail cette toute dernière nuit qui a été fatale pour toute la famille d’Eskara. Cette dernière d’ailleurs, n’eut pas grand-chose à répondre à ce récit.
    - « Il est mort ? »
    - « … Dans la rivière. »

    Sa voix trahissait sa tristesse. Math aimait encore Juan, malgré toutes ces erreurs, il restait son fils. C’était ça qu’Eskara allait commencer à mépriser chez lui. Car pour elle, il lui était inimaginable que l’on puisse aimer un tel être sur cette terre. D’ailleurs, sa mort ne lui apportait que de la satisfaction, et elle rêvait de pouvoir vite se rétablir pour aller cracher sur sa dépouille.
    - « Eskara. Il faut que tu saches que l’on n’a pas retrouvé le corps de Tango, mais la quantité de sang qu’il a perdu dans ce que nous montre les traces ne lui a pas permis de survivre. Tu es la seule survivante. Mais tu n’es pas seule. Nous sommes là ma puce, nous sommes là. »

    - « Tu crois peut-être être le centre du monde ?! Tu crois que tout le monde te connaît, que tout le monde t’acclame en criant "Oh Juan, mon dieu, apprends moi à être aussi bien que toi ! " ?! Dis moi ! Crois-tu vraiment à toutes ces bêtises que tu peux ressortir dans tes actes ?! Tu as une famille. Nous sommes ta famille. Pourquoi tu nous traites comme de nouvelles victimes, mon dieu pourquoi… Tu étais bien avant, tu étais quelqu’un de bien. Qu’est-ce qui t’as fais changé ? Tu ne veux pas de famille, va t-en. Si tu veux être libre et faire ce qu’il te plaît, part d’ici. Change, part, ou alors c’est nous qui partirons. Je ne te laisserais pas les tuer comme… »
    De nouveaux gémissements, un souffle saccadé et impuissant. Il la battait, encore. On pouvait entendre de leur abri les nombreux appels au secours de la louve noire. Mais elle s’arrêta vite, c’était toujours la même chose. Plus elle allait se plaindre, plus elle aurait de coups. Parfois, elle pensait à hurler à ses louveteaux de s’enfuir, mais elle se résignait en pensant que de toute façon il les rattraperait forcément. Elle saignait, une nouvelle fois encore. Juan se retourna, regardant avec mépris le perchoir des louveteaux. Puis, il s’y dirigea, à pas lent et assuré. C’était à leur tour. Eskara le vit arriver, et compris, comme tout le temps. Puis il avançait, plus il semblait grand et menaçant. Son cœur battait si fort qu’elle crut presque l’entendre. Ses pupilles, écarquillées devant la scène qu’elle s’attendait à vivre quelques secondes plus tard, cherchaient un endroit où se réfugiait. Mais peu importe où elle irait, même dans un endroit où il ne peut accéder, Juan pourrait attendre même plusieurs jours qu’elle en sorte pour lui faire payer le prix fort. C’est alors qu’en une seule seconde il était déjà sur elle. Eskara vit la gueule ornée d’immenses crocs blanches s’ouvrirent. Non. Non pas une nouvelle fois.

    - « Skara, Skara ! Je suis là, tout va bien. C’est moi Aëlaa. Oh ma pauvre chérie, encore un souvenir… »

    Après un peu moins d’un moi passé avec la meute des Seoc, Eskara allait assister à son premier Appel à la Lune. Elle n’était pas du tout impatiente, à vrai dire cela l’ennuyait un peu de devoir hurler pour un astre. En même temps, les loups voulaient effectuer la cérémonie d’acceptation. Ensuite, ils allaient dire au revoir et faire vœu que le guetteur revienne sain et sauf. Oui, ce soir un des guetteurs s’en allait pour le périple annuel. La soirée était donc chargée. La loupiotte faisait mine d’être enjouée et d’être très excitée à l’idée de devenir enfin une véritable Seoc. Mais en vérité, elle avait une tout autre idée en tête pour ce soir. Il ne lui restait plus qu’à attendre que la journée se passe, au plus vite si possible. Avant, il fallait qu’elle règle quelques petites choses, qu’elle montre son enthousiasme comme il se doit. Ou plutôt son faux enthousiasme. Eskara se dirigea vers l’antre de Math. Elle avait encore bien du mal à l’appeler papi, ou encore grand-père. Il n’était encore qu’un étranger à ses yeux, comme tous les loups de la meute d’ailleurs. Seul Sawdien avait réussi à lui faire accorder un peu d’importance à cette vie en communauté.
    - « Tiens, ma puce. C’est le grand jour aujourd’hui. La pleine lune est là, tu vas enfin pouvoir être vraiment des notre. Si tu savais comme je suis fière. Je vois que tu te reconstruis petit à petit, et ça me fait un bien fou. Comme quoi je n’ai pas fait que des erreurs dans ma vie. »
    Lorsqu’il parlait d’elle, et donc de Juan, comme un cadeau, elle n’avait qu’une seule envie : lui faire ravaler ses mots par les narines avant de lui broyait le museau pour qu’il ne puisse plus dire de tel sacrilège. Elle n’aimait pas être vivante, car sa vie signifiait la mort des autres. Sa vie signifiait la naissance d’un monstre. Non, elle n’aimait pas être vivante en sachant tout ce que cela avait causé. Mais Eskara, actrice à la perfection, se mit à sourire amicalement. Elle arborait un regard enjoué, déterminé et impatient. Mon Dieu pourtant qu’est-ce que ça bouillonnait en elle. Cette dernière refoulée tout, il le fallait pour que son plan marche.
    - « Moi aussi, je suis vraiment contente d’être ici. Ah je languis d’être sur le rocher et que tout le monde soit autour de moi. Je guéris enfin ! Tu sais… Je crois que ça passe. Je m’y fais, doucement, mais je m’y fais. De savoir qu’il ne fera plus de mal, cela me soulage. Vous m’avez tous fait un bien fou. Merci, vraiment. Tu m’accompagneras jusqu’au rocher, dis ? »
    Il acquiesça avec fierté. Complètement naïf ce vieillard.

    Ca y est. Enfin. Skara espérait tant de cette soirée. Plus jamais elle n’aurait une occasion comme celle là, et elle était déterminée à la saisir. Assise sur l’immense rocher, Math l’avait accompagné comme prévu avant de rejoindre le groupe en bas. Finalement, elle s’imaginait un roc beaucoup plus imposant, mais cela avait un avantage : c’était facile d’y grimper. Levant la tête vers le ciel, elle répéta les mots qu’Aëlaa lui avait fait apprendre par cœur.
    - « Que la Lune soit mon allié. Qu’elle m’accompagne à chacun de mes pas, chacune de mes épreuves, chacun de mes combats. Qu’elle me porte jusqu’à mon but. Qu’elle me donne la force d’affronter mes ennemis. Qu’elle m’invite à aimer, sourire, détester, chasser. Accepte-moi, Lune. Mon âme est tienne. »
    Discours pathétique, qui ne signifiait pas grand-chose. Eskara ne comprenait pas vraiment l’intérêt de ces paroles, mais elle s’efforça de les prononcer avec conviction, comme si elle tentait de se faire croire à elle-même qu’elle pensait réellement ce qu’elle venait de dire. Ensuite, elle hurla pour l’Appel. Et tous les autres loups de la meute firent la même chose. Elle ne hurlait pas pour elle, non, elle le faisait pour eux. C’était un appel pour sa survie, un appel pour leur renaissance, qui n’arriverait malheureusement jamais. Quelques secondes plus tard, on la fit descendre de son promontoire pour rejoindre les autres. Cette fois-ci, ce fut au tour du guetteur. Il se nommait Carbone. C’était un immense loup noir, tout était sombre chez lui, même son regard. C’était une tout autre cérémonie qui allait se dérouler pour lui. C’était l’heure de son départ, et son menton levé vers le ciel montrait bien qu’il n’avait aucune crainte. Il s’assit sur le rocher et attendit que cela commence. Au départ, rien ne se passa. Puis on commença à entendre des murmures. C’étaient les loups. Oui, ils répétaient sans cesse la même phrase et de plus en plus fort. Tout en prenant exemple, la jeune blanche fit de même.
    - « Oh Lune, protège ce loup durant toute son aventure. Oh Lune, protège Carbone. »
    Les mots étaient prononcés tellement rapidement qu’on n’arrivait pas bien à distinguer les mots. Mais ils répétaient encore et encore cette phrase jusqu’à ce que Carbone pousse un hurlement de victoire. Cette fois-ci, les loups ne suivirent pas. Sawdien avait expliqué à la loupiotte que c’était seulement au guetteur de crier, car il allait partir seul alors il se devait de remplacer la voix de tous les autres loups rien qu’avec la sienne. Et c’était majestueux. Jamais elle n’avait entendu une voix aussi forte qui avait porté aussi loin. On pouvait entendre d’ailleurs, si on tendait l’oreille, des loups d’autres territoires accompagnés son chant. Tous les Seoc faisaient ces mêmes mines dubitatives. Non, personne ne s’attendait à ce que Carbone sorte enfin tout ce qu’il avait dans le ventre.

    Le grand loup noir descendit du rocher et s’empressa de s’en aller. A sa façon de dire au revoir aux âmes gentilles qui lui souhaitaient bonne chance, on comprenait qu’il détestait les adieux. Ou bien qu’il était simplement très impatient de s’en aller. Eskara, quant à elle, s’éclipsa discrètement dans les buissons. Pas de bruit. Surtout ne faire aucun bruit. Sa respiration était trop bruyante, elle risquait de se faire repérer si elle n’arrêtait pas de stresser à ce point. Mais Carbone accélérait et s’enfonçait de plus en plus dans la forêt. Les loups le regardaient encore, il fallait qu’elle continue de se cacher le plus possible pour que personne ne remarque qu’elle le suivait. Il dévia enfin, et les yeux des autres canidés ne pouvaient à présent plus l’apercevoir. C’est donc à ce moment là qu’Eskara décida de sortir des buissons qui le picotaient la truffe au fur et à mesure de ces pas pour enfin qu’il la voit.
    - « Emmène-moi. »
    Sans même se retourner le grand loup noir répondit de façon sèche, et bien entendu il lui donna une réponse négative. Bien sur, elle s’y attendait, et avait tout préparé pour le convaincre. Son pas s’accéléra jusqu’à enfin pouvoir le dépasser et lui barrer la route. En fait, il n’était pas grand. Non, il était gigantesque. A côté, la petite loupiotte ne ressemblait pas à grand-chose avec ses petites pattes et sa fine silhouette. Carbone, quant à lui, était très imposant. Tout son corps était fait de muscle. On ne distinguait aucune graisse, et c’était certain que si on tentait dans trouver, il n’y aurait toujours rien. Sa tête était immense et doté d’un regard noir ténébreux. A vrai dire, il était sombre de la tête au pied. Dans la nuit il était évidemment difficile de le repérer. Il affichait tout le temps une mine grave et sérieuse. Il faisait peur. Mais pas à la jeune blanche.
    - « Tango est peut-être vivant. Ils n’ont pas retrouvé son corps. »
    - « Il a perdu trop de sang, Eskara. »
    - « Mais c’est encore possible. Vous m’avez bien sauvé, moi. Peut-être lui est-il arrivé la même chose ? Peut-être qu’une autre meute la pris sous son aile et a réussi à le guérir. C’est possible Carbone, tu sais bien que c’est possible. C’est ma seule chance d’avoir encore une famille. Ma seule chance de retrouver un peu de moi-même. J’ai tout perdu, tout. Math a beau être mon grand-père, c’est lui qui a crée cette bête immonde, et dès que je le regarde j’ai l’impression de voir Juan. Je ne peux le considérer comme quelqu’un de ma famille, j’ai déjà du mal à croiser mon reflet tellement sa tête est identique à la mienne. Il ne me reste que cette chance. C’est la seule chose qui me raccroche encore à mon existence. Je dois tout essayer, je t’en supplie Carbone, il le faut. »

    Le regard du noir n’était plus si agressif, il était même rempli de compassion. Il comprenait, bien sur qu’il comprenait sa situation. C’est là qu’Eskara comprit. Tous les guetteurs sont des sans famille en quelque sorte. Sinon pourquoi accepteraient-ils de s’en aller tellement de temps ? Pourquoi seraient-ils pratiquement tout le temps hors du camp ? En fin de compte, ils n’avaient rien à faire dans une meute, et ils le savaient. Ils n’avaient plus rien, et la meute leur sert de refuge. Cela se sentait. Les prunelles du mâle devinrent nostalgiques, tristes. Il comprenait tout à fait, car chaque jour qui passait, il ressentait la même chose que la jeune blanche. D’un hochement de tête, il céda et accepta de l’emmener. Dans un léger murmure, Eskara le remercia avec toute la bonté du monde.

    La jolie blanche ne s’attendait pas à de tels périples. Rien qu’en quelques jours sa vie avait été mise en jeu plusieurs fois.
    La première fois fût lorsque un ours croisa sa route. Carbone était parti chasser, lui ordonnant de rester bien cacher dans la tanière. Bien entendu, elle ne l’écouta pas et sorti faire une petite excursion en solitaire. Elle ne connaissait pas encore toutes les odeurs, et celle-ci lui échappa complètement. Elle ressentait juste des effluves forts et très marqués, mais pour elle, rien n’indiquait un danger potentiel. Jusqu’à ce qu’un animal géant, du haut de ses deux postérieurs, exclama son mécontentement. Il était énorme. Sa couleur brune se confondait parmi les arbres, mais sa taille et sa carrure ne pouvait échapper à personne. En un coup de griffe ou de croc, la jeune loupiotte pourrait partir en fumer. La bête retomba férocement sur le sol avant de s’avancer méchamment vers elle. Des lames la frôlèrent et c’est là qu’elle se mit enfin à détaler comme une gazelle. Ce n’était pas une petite très rapide, elle impressionnait plutôt pour ses muscles et sa silhouette imposante. L’ours n’eut alors pas grand mal à la rattraper. Eskara avait peur, son cœur battait comme un tambour et son cerveau lui ordonnait de crier au secours. Mais c’était comme si on l’avait rendu muette, l’angoisse lui paralysait tous ses sens. Elle voyait flou, elle n’entendait rien d’autre que les hurlements de la bête et le rythme de son cœur, sa truffe ne reconnaissait plus aucune odeur, et ses pattes, endolories par la course, ne savaient même pas où elles se posaient. Cette peur lui fit défaut et la jeune trébucha brutalement. L’animal allait lui tomber dessus et l’écrasait comme on marche sur une feuille morte. Cependant, rien ne retomba sur son corps. Et c’est en ouvrant les yeux qu’elle découvrit la lutte acharnée de Carbone contre la bête. Il lui ordonnait de s’enfuir et cette fois-ci elle obéit. Quelques minutes passèrent, et le grand canidé revînt, orné de quelques belles balafres.
    - « La prochaine fois tu m’écouteras, sale garnement ! Il faut qu’on s’en aille à présent, il pourrait retrouver notre trace. »

    La deuxième fois fût une rivière un peu trop agitée. Les deux loups se tenaient debout, devant une eau qui ne semblait pas être d’un grand danger. Le guetteur constata juste qu’il fallait nager vite, ou alors le courant les emporterait un peu plus loin, et à cent mètres de là, des torrents se créaient. Il n’avait pas l’air inquiet du tout, pensant que la jeune serait de taille pour affronter cela. Carbone se jeta en premier à l’eau, et en une dizaine de secondes il atteignit l’autre rive sans difficulté. C’est alors avoir beaucoup d’assurance qu’Eskara plongea dans la rivière à son tour. Malheureusement pour elle, un caillou se mit en travers de sa route au moment de se sauter, et c’est la tête la première que son corps tomba à l’eau. En remontant à la surface, le courant l’avait déjà emporté à une dizaine de mètre. Le grand noir lui ordonnait de battre des pattes. C’était dure, un voile lui bouchait la vue, et sa tête ne cessait de faire des va et viens entre la surface et les profondeurs. Lorsqu’elle se mit enfin à bouger ses membres, une bonne cinquantaine de mètres venait de s’écouler. Le grand mâle noir ne savait pas quoi faire. Il pourrait sauter et venir la chercher, mais il désirait la voir faire. Il avait appris, lors de son tout premier voyage, que dans d’autres terres, des meutes initiaient leurs louveteaux en les laissant traverser seul un lac, sans aucune aide mis à part les encouragements. Il savait qu’un lac était calme, sans courant, mais il sentait Eskara totalement capable de s’en sortir. Il croyait en elle. La jeune continua de battre des pattes mais le courant se faisait de plus en plus fort. Il lui fallait trouver un moyen de s’arrêter, de ralentir. Quelques mètres plus loin, il y avait des rochers. Cependant, elle pouvait soit se les prendre en pleine face et mourir sur le coup, soit réussir à s’agripper et trouver une solution pendant qu’elle était accrochée, soit elle allait continuer sa route mais cette fois ci dans les torrents acharnés. . La loupiotte fit tout son possible, elle nageait aussi vivement que son corps lui permettait. Une chance sur trois de survivre. Jamais elle n’avait autant détesté le hasard. Elle voyait les rochers se rapprochaient de plus en plus, et sa peur augmentait. Le courant ne lui permettait plus de nager. Si elle essayait, cela ne ferait que l’épuiser. Son destin allait se jouer sans qu’elle ait à faire un choix. Tournant une dernière fois son visage vers les torrents, elle su à cette seconde précise que cet immense rocher allait l’accueillir avec grâce.

    Tout était flou. Le monde semblait tournait tout autour d’elle, comme s’il voulait l’emmener autre part. Ses yeux ne voyaient que d’énormes tâches, et les mots qu’on semblait lui adresser ne voulaient rien dire. Elle n’entendait que du brouhaha, comme si des milliers de personnes parlaient en même temps. Elle cligna des yeux plusieurs fois, essayant de retrouver une vue normale. Petit à petit, le son qui lui embrouillait les esprits devînt plus clair. Et ses tâches, oui ses tâches commençaient à définir quelque chose de précis. Elle reprenait ses esprits.
    - « Skara, Skara répond moi ! Dis, tu vas bien ? Skara donne moi un signe. Eskara ! »
    Ca y est. La blanche comprenait, voyait, vivait. Seulement, elle ne se souvenait plus comment, des eaux irrités, elle était passée à la terre ferme. Et cette herbe, oh mon dieu jamais elle n’avait autant aimé la douceur de l’herbe. Une brindille lui chatouilla les narines, ce qui la fit éternuer violemment. De sa bouche sortit de l’eau, puis encore et encore. Apparemment elle n’avait pas bu qu’une seule tasse.
    - « Et beh dis donc. T’as bien failli y passer. Heureusement qu’un loup est passé par là pour venir m’aider à te sortir de là. Tiens, le revoilà d’ailleurs. »
    Ce loup était magnifique. Une carrure parfaitement musclée, d’assez grande taille. Son poil noir, même légèrement mouillé, brillait de milles feux. Rien qu’à le regarder on aurait aimé passer des heures entre ses pattes rien que pour toucher ce pelage qui semblait si doux. Son regard était d’un jaune vif à couper le souffle. Il était doté d’une cicatrice à la lèvre qui le rendait encore plus viril. En voyant ce sublime spécimen, Eskara ne put retenir ses pupilles de s’écarquiller. Mais elle reprit vite des yeux plus normaux lorsqu’il posa son regard dans le sien.
    - « Eskara… Je suis Dreck. »

    De deux, le groupe était passé à trois. Malgré que Tango ne fût pas très sociable, il était plus rassuré avec quelqu’un qui connaissait les environs. Et ainsi il pourrait éviter à Eskara de nouveaux dangers. Même si au départ il ne voulait pas d’elle, il s’était attaché à cette petite boule de poil et commençait même à la considérer comme une petite sœur. Du côté de cette dernière, elle ne s’était jamais sentie aussi bien. L’air libre, la liberté. Voilà ce que lui inspirait l’endroit où ils avaient atterri. Ses deux compagnons la laissaient libre, et si un jour l’envie lui prenait de s’en aller seule, elle savait très bien qu’ils la laisseraient faire. Tango était devenu quelqu’un d’important à ses yeux. Il remplaçait en quelques sortes tout l’amour familial qui s’était envolé lorsque sa famille avait été assassinée. Elle ne ressentait rien pour Math. Comme quoi, les liens du sang ne veulent en fait rien signifier. Elle aimait beaucoup plus ce loup noir que le créateur du monstre. Quant à Dreck, il était toujours très silencieux, mais les seules fois où ils ouvraient la bouche, c’était soit pour dire des choses intelligentes, soit pour ajouter quelques mots à un geste affectueux. Ils formaient une belle équipe tous les trois, et c’est lors d’une soirée de pleine lune qu’ils se parlèrent enfin tous réellement.

    - « Bon, dis-nous Dreck… D’où viens-tu ? » demanda Tango avec curiosité.
    – « Je viens d’Arlénéa. Je ne pense pas que vous connaissiez vu que c’est assez loin de vos terres. Vous voyez les deux montagnes qui se rejoignent là bas ? Ce territoire est juste derrière elles. Je faisais parti d’une meute, comme vous. Cependant, il y a déjà un an de cela, je me suis battu assez violemment avec un autre membre du groupe. C’était ma faute, c’était moi qui avait déclanché cette bagarre. Et la princesse a décidé de sortir le méchant loup… J’ai donc du partir, on m’a banni des terres. J’ai bien tenté de revenir ou même de me cacher, mais impossible. La princesse était bien trop maligne. Elle me trouvait à chaque fois. Alors un jour elle employa la force. Autant dire qu’elle m’a bien surprise… Ma cicatrice à la lèvre, c’est elle. Je suis parti pour de bon. Depuis, je cherche encore un moyen dans ma tête de me racheter. Ils étaient ma famille, et dans mon cœur ils le seront toujours d’ailleurs. »
    L’autre mâle noir voulu faire quelques commentaires sur la petite anecdote du loup, mais Eskara s’empressa de poser une question qui la titillait depuis qu’il avait prononcé un mot.
    – « Mais qui est la "princesse" ? »
    - « Ma dominante, Haelara. Mon dieu si vous l’auriez vu… Tout était beau chez elle. Une pure beauté. Je crois que la plupart des loups de la meute étaient sous son charme. Du moins tous la trouvaient sublime. En plus de ça son… »
    - « Haelara ?! Grande ? Musclée ? Blanche ? Des yeux d’or ? Pitié dîtes que c’est ça. »

    Dreck acquiesça de la tête, les yeux écarquillés. Il ne comprenait évidemment pas comment Eskara pouvait connaître Haelara. Mais à vrai dire, il n’eut pas vraiment le temps de lui poser la question.
    – « OH MON DIEU J’AI UNE FAMILLE ! Tango ! Tango, tu entends ?! ELLE EXISTE ! Haelara. Mais si tu sais, Haelara ma tante ! Mon dieu mais c’est fantastique ! Oh la la la. Je pars. Adieu, je vais derrière ses montagnes retrouver le peu de famille qu’il me reste. C’est merveilleux. EXCEPTIONNELLE ! »
    La miss commença à partir en courant lorsque des crocs se refermèrent violemment sur sa queue.
    – « Tu ne vas nulle part ! » ordonna Tango.

    Ils en parlèrent toute la nuit. Eskara luttait pour défendre ses positions. Elle affirmait avec conviction que s’ils ne la laissaient pas partir, elle s’enfuirait comme elle le pourrait. Les deux savaient que cette forte tête arriverait à partir par n’importe quel moyen. Tango la comprenait, mais il se demandait si c’était juste d’abandonner son poste pour accompagner la petite et ensuite devoir lui faire ses adieux. Cependant, jamais il ne la laisserait partir seule. Et c’était sa seule chance de retrouver une véritable famille qu’elle accepterait. Haelara n’aimait pas ses frères d’après ce que lui avait raconté Math, et c’était une bonne chose puisque Eskara déteste elle aussi son père. Au moins, loin de cette tuerie, elle commencerait peut-être à passer des nuits normales. Elle commencerait peut-être à oublier, ou du moins à ne pas trembler et paniquer lorsque ces souvenirs lui reviennent en mémoire. Elle avait besoin de distance. Dans la meute des Seoc, Eskara se rappelait à chaque seconde de ce qui c’était passé. A cause de Math, qui était la reproduction exacte de Juan. A cause de ces lieux où elle marchait tous les jours, ces lieux qui ont accueilli l’horreur de la destruction d’une famille… De sa famille. Il fallait qu’elle s’en aille.
    Ils pesaient le pour et le contre, parlaient des risques éventuels. Le plus gros soucis des deux mâles, celui qu’Eskara refusait de réaliser, ce serait que Haelara ne l’accepte pas. Elle avait décidé de tirer un trait sur sa famille et n’en avait jamais parlé à personne. Peut-être refuserait-elle de parler avec la jeune blanche simplement car elle lui rappellerait de mauvais souvenirs. Dreck disait qu’elle était dirait comme de la roche à l’extérieur, et que dès qu’un loup osait lui poser une question sur sa lignée ou sur son passé, elle le remballait immédiatement. Mais Eskara ne voulait rien entendre, elle partirait quoi qu’on lui dise.

    - « Je… Je suis épuisée Tango… »
    Les pattes de la loupiotte se faisaient lourdes. Depuis quatre ou cinq jours, les trois compagnons marchaient au moins sept heures dans une journée. De plus, la chaleur insoutenable n’arrangeait pas leur voyage. Le pire était certainement les râlements de la petite. Et encore, elle se retenait de temps en temps. Environ tous les quarts d’heure, elle devait se plaindre de quelque chose. Cela pouvait être à cause de la chaleur, d’un oiseau qui chantait trop fort, d’une odeur qui ne lui plaisait pas. Tous les moyens étaient bons pour se faire entendre et qu’on la remarque. Parfois, elle se mettait à dire que leur rythme était trop lent sans vraiment se rendre compte que c’était elle qui les ralentissait. Elle voulait arriver au plus vite, mais son corps n’était pas assez formé pour supporter de tels efforts. Et à vrai dire, voilà une bonne heure que ses muscles lui disaient stop. Elle reformula ses mots, tentant de le dire un peu plus fort que la fois précédente, en vain. Puis, Eskara s’écroula sur le sol, respirant comme si ses poumons allaient sortir de sa poitrine. Tango l’ignora, si elle voulait apprendre les difficultés de la vie, il fallait qu’elle apprenne à supporter toutes les douleurs. Mais Dreck vînt l’aider à se relever tout en la motivant d’une voix paternelle. Au début, il voulait l’aider à avancer en la soutenant un peu, mais le regard de l’autre loup noir le fit immédiatement cesser, et il l’a laissa marcher seule. Bien sur, s’il avait vraiment cherché le conflit, il aurait battu Tango, et avec facilité certainement. Cependant, il avait énormément de respect pour ce canidé, et comprenait ce qu’il cherchait à débloquer dans la tête de la petite blanche. Cette dernière, par contre, se demandait bien pourquoi celui qu’elle considérait comme un frère ne la regardait même pas alors qu’elle était en position de faiblesse. Au début, elle crut qu’il en avait marre d’elle, mais son narcissisme la convint du contraire et l’empêcha d’essayer de confirmer cette idée. Lorsqu’elle reprit la marche avec un peu plus de détermination, elle sentit de toutes autres effluves, et à priori les deux mâles l’avaient également sentis.

    Tango et Dreck s’arrêtèrent net.
    - « Il y a quelqu’un d’autre… »
    Dreck n’eût pas le temps de finir sa phrase que trois loups se jetèrent sur les deux mâles, laissant à la gamine la possibilité de s’enfuir. Les trois canidés étaient tous assez imposants, avec des muscles saillants. Leur pelage était gris et terreux. On remarquait qu’ils se souciaient peu de leur hygiène. Eskara était là, sur un rocher un peu plus loin. Elle observait la scène comme si cela ne se passait pas vraiment. Le plus gros des trois loups mordait violemment l’échine de Tango, tandis qu’un autre tentait de faire tomber Dreck. Le dernier, quant à lui… Oui, où était le dernier ? La jeune blanche, sortant de son semblant de rêve et regarda de tous les côtés. S’il n’était pas dans le combat, il était forcément dans les parages.
    Bam. En une seconde elle fut projetée bien à trois mètres de là où elle observait la scène de combat. Effectivement, le loup manquant ne s’était pas trop éloigné. Il avait attendu le bon moment pour bondir et attaquer la loupiotte, s’attaquant à plus jeune que lui, comme un lâche. Avec ses crocs, il lui entaillait toute son épaule droite. Ses quatre pattes étaient sans cesse en mouvement, on aurait dit qu’il faisait cela pour éviter qu’Eskara le mordre, ou bien pour ne pas qu’elle s’échappe. Mais la jeune n’allait pas s’avouer vaincu. La douleur qui lui infligeait à l’épaule était bien réelle, mais elle l’a casa dans un coin de sa tête pour quelques instants afin de passer à l’attaque. Avant ses postérieurs, elle tenta de jeter son adversaire, mais sa force n’était pas assez grande, elle réussit simplement à le tirer légèrement pour qu’elle puisse souffler un peu. Le mâle la fit rouler, continuant de la mordre. C’est lorsqu’il voulut lui attraper le cou que la jeune blanche se ressaisit enfin, il fallait qu’elle réagisse. Elle souleva ses babines et fit apparaître des crocs hors norme à son âge. Elle rassembla toute sa force et poussa autant qu’elle le pouvait son ennemi, avant de se jeter sur son dos pour lui blesser l’échine. Le loup gris, surpris, se fit retourner par la petite, et laissa échapper un petit cri d’étonnement. Eskara crut que c’était de la douleur, mais malgré que ses crocs soient assez imposants, elle ne pourrait jamais faire bien mal à un canidé de cette taille. Alors qu’il allait repasser à l’attaque, elle réussit à articuler quelques mots.
    - « HAELARA ! Nous cherchons Haelara ! »

    En un aboiement le mâle qui se battait avec Eskara fit stopper les deux autres loups. Il se releva, poussant la petite qui le tenait encore au sol. C’est à ce moment là que la jeune tourna son visage vers les quatre autres loups. Dreck était debout, une patte sur le flan de son adversaire pour le garder au sol. Il le fixait méchamment et poussait un grognement à faire trembler même les adultes. Tango, quant à lui, était en sang, couché sur un rocher à deux mètres de son ennemi, lui aussi dans un sal état. Alors, la blanche se regarda aussi. Elle fut surprise du contraste évident. Le côté gauche de son corps était plein de terre, tandis que son côté droit était rouge, rouge sang. Son épaule ensanglantée avait déposé sa couleur tout le long de son antérieur, ainsi que vers le flan. Tango l’avait remarqué également, cela s’est vu dans son regard lorsqu’il déposa ses yeux sur sa protégée. A cet instant précis, toute la haine qu’il gardait en lui est ressortie dans ses prunelles. Il voulait le tuer. Cela se sentait, et une ambiance de mort régna lorsque Dreck, à son tour, regarda Eskara.
    - « Dreck, que veux-tu encore à Haelara ?! Tu ne crois pas qu’elle a été assez claire lorsqu’elle t’a ordonnée de t’en aller ? » dis l’adversaire de la louve
    - « Du calme ! Je guide juste la jeune jusqu’à elle. Elle la connaît et elle m’a demandé de l’y emmener. L’autre, il l’accompagne. »
    C’est après de longues minutes de débat que les trois mâles acceptèrent de les emmener jusqu’à Haelara. Dreck et Tango n’avaient pas perdu leurs envies meurtrières, et ils le faisaient bien comprendre aux trois Maenwenn. Eskara boitait, mais cela ne la gênait pas plus que ça, elle supportait la douleur.

    Ils mirent une heure à atteindre le camp. Lorsque tous rentrèrent sur ce territoire, tous les Maenwenn sortirent de leurs tanières, attirés par l’odeur inconnue. On entendait de partout des grognements, des chuchotements menaçants et même des insultes à l’égard de Dreck, chassé de la meute un an plus tôt. Lorsqu’Eskara vit apparaître Haelara, elle l’a reconnu tout de suite. Elle dégageait des ondes qui indiquaient immédiatement qu’elle était la chef. Cela se voyait à ses yeux remplis d’intelligence, à son allure forte et menaçante, et aux regards que lui lançaient les loups de la meute. Tous attendaient une réaction de sa part. Celle de la loupiotte était un peu inattendue. Elle ne s’attendait pas à l’admirer autant en une seule seconde. Sa fourrure blanche immaculée lui donnait l’air d’un ange, mais ses prunelles vives ressortaient son côté vilain, et dominant. Ses muscles imposants lui rappelaient son père, malheureusement. Haelara détaillait les intrus avec précision, comme le faisait Eskara. Lorsqu’elle vit Dreck, son regard resta longuement posé dans le sien, jusqu’à ce que le mâle baisse les yeux.
    - « Pourquoi m’avez-vous ramené ce chien ici ? »
    Le « chien » en question voulut parler, mais les loups qui les avaient emmenés le firent taire avant de prendre la parole. Ils expliquèrent ce qui était arrivé, et pendant ce temps là, Haelara ne pu détourner ses iris dorés de la jeune louve. Elle ne la regardait pas méchamment comme elle l’avait fait avec l’ancien Maenwenn, elle la regardait avec compassion et tendresse. Eskara en était sure, elle reconnaissait quelque chose en elle. Et effectivement, un souvenir revenait à la surface de la dominante.

    - « Maman te grondera si elle apprend que tu as fais ça… »
    - « Mais tu ne lui diras rien, n’est-ce pas ? »

    Le louveteau baissa la tête à la remarque de sa sœur. Bien entendu qu’il ne dirait rien, sinon elle lui ferait regretter. Elle bomba le torse en signe de fierté, elle adorait dominer et imposer son pouvoir. Pour elle, la seule manière de montrer qu’elle existait consistait à faire régner sa loi, à être en quelque sorte une rebelle, une petite délinquante. Regardant une dernière fois son frère avec mépris, la jeune louve prit la proie qu’elle venait de voler à une autre famille et l’emmena plus loin, afin de la déguster. Pendant qu’elle mangeait le faon, son frère revînt la voir, cette fois-ci avec un tout autre regard. Il n’y avait plus de peur, mais une sorte d’admiration dans ses yeux. Il avait l’air un peu gêné, comme s’il voulait lui demander quelque chose, ce qu’elle comprit aussitôt.
    -« Si tu promets de rien dire je te laisse une part. Sinon je te tords en deux. »
    Cela a toujours été ainsi, elle était incapable de lui parler avec gentillesse. Mais malgré de ce que les apparences pouvaient montrer, elle l’aimait.


    - « Toi, petite. Viens avec moi. Vous deux, surveillez le cabot et son nouvel ami… Je dois parler à cette jeune louve. »
    Eskara fut surprise de cette demande, et à la fois très contente. Peut-être avait-elle deviné ? En même temps, d’après ce que tout le monde lui avait dit, son corps était le même que son père. Elle eut d’ailleurs la réponse très rapidement.
    - « La fille de Juan, je me trompe ? Oh, tu n’as pas besoin de me répondre, ton expression parle à ta place. C’est fou comme tu lui ressembles… Et moi qui pensais ne jamais revoir un seul membre de ma famille. Dis-moi ma petite, que viens-tu faire ici ? »
    Un moment, Eskara eut envie de lui dire toute la vérité.
    - « Nous avons eu un drame dans notre meute, de l’autre côté de ces terres. Un incendie a ravagé tout notre territoire. Papa n’avait plus de force, il n’allait certainement pas survivre. Alors il m’a envoyé ici car il savait que quelqu’un voudrait bien m’accueillir. Il m’a dit de te chercher. Le loup qui est avec moi, c’est un de ses amis, lui il était assez en forme pour m’accompagner, mais il refuse de rester. J’aurais espéré. J’aurais espéré que tu veuilles bien que je reste. Tu sais, là bas, tout est détruit et puis… Je n’ai plus de famille… »
    Mais elle menti.

    Bien entendu, Haelara accepta de l’accueillir, et demanda même à Tango s’il voulait rester, mais il préférait repartir. Pour ce qu’il venait d’accomplir, la dominante donna une seconde chance à Dreck, et ceci est d’une grande rareté. C’était un bagarreur, il savait qu’il recommencerait. Alors il partit de lui-même et refusa de redevenir un membre à part entière des Maenwenn. Eskara, quant à elle, continua de faire vivre son mensonge, qui marchait à merveille. C’était beaucoup plus simple pour elle de vivre dans un monde où personne ne connaissait le véritable drame qui avait bouleversé sa famille. Une nouvelle histoire commençait.

    * Haelara vient de mourir… Haelara vient de mourir… Mort. Tragédie. Haelara vient de mourir *
    Eskara galopait dans la vallée, respirant à pleins poumons. Toutes ses pensées se mélangeaient et elle n’arrivait pas à voir clair. Elle avait l’impression qu’un tourbillon lui bloquait la vue. C’est lorsque les larmes envahirent complètement ses prunelles qu’elle s’arrêta. Elle regardait le sol sans réellement le voir. La seule chose qui osait lui traverser l’esprit c’était le corps d’Haelara. Le corps qui représentait tout ce qui lui restait. La jeune louve ne savait plus quoi penser. Elle était troublée et totalement désespérée. Parmi des milliers de loups dans le monde, pourquoi est-ce Haelara qui du mourir ? Ca ne pouvait être vrai. Et pourtant… Elle l’avait vu de ses propres yeux. Le pelage de velours de la princesse, recouvrant le lac gelé d’une tristesse immonde. C’était donc ainsi qu’allait se dérouler toute la vie d’Eskara ? Elle ne pouvait pas y croire, elle l’imaginait comme un profond cauchemar. Sauf que le hurlement d’un loup en deuil vînt lui rappeler ce qu’elle venait de voir. Quelqu’un d’autre l’avait vu… Ce n’était peut-être pas elle. Peut-être était-ce une autre louve qui était un sosie. Mais son odeur, oui l’odeur d’un canidé est unique pour chacun. Et Eskara savait ce qu’elle avait senti. Des effluves fortes et pleines de nature, mais surtout une odeur puante de maladie. Elle faisait enfin le rapprochement à la disparition soudaine d’Haelara une semaine auparavant. Elle s’était cachée pour mourir. La loupiotte hurla, demandant à tous les dieux qui puissent exister de lui rendre sa tante. Personne ne lui répondit. Pas même un léger clapotis de l’étang, ni même un croassement. La terre n’avait jamais été aussi silencieuse. Le vent se taisait, comme pour faire une minute de silence. Pour Haelara, c’était la nature qui se mettait en deuil.
    Pendant deux jours Eskara resta au même endroit, refusant de se désaltérer ni d’avaler quoi que ce soit. Ce sont des crocs acérés qui vinrent la sortir de là. On la ramena au camp, et elle fut forcer à reprendre le cours de sa vie. Si seulement on lui accordait rien que quelques mois de répits. Sans drame, sans mort, sans tristesse. Malheureusement, Eskara avait déjà compris. Son existence était un drame en elle-même.




    Sa Personnalité :

    On dit que mentir, c’est mal. Que les personnes qui le font trop souvent sont de mauvaises personnes. Et vous ne trouverez certainement pas une personne plus fausse qu’elle. Cela la rend-elle mauvaise ? Méchante ? Peut-être. Peut-être un peu. Elle abuse du mensonge, à croire que toute sa vie provient de son imagination. Ce n’est pas pour faire son intéressante, mais plutôt pour éviter que les autres la cernent. Ceci est plus une forme de défense que de méfiance. En jouant de fausses cartes, elle est certaine de ne pas perdre la partie. Très peu sont les loups qui arrivent à voir ses mensonges. Car dans chacun de ces derniers, Eskara prend soin de placer une vérité qui rend l’ensemble totalement crédible. Tout cela lui permet de jouer des rôles, de manipuler, de changer totalement de vie et de façon d’être selon le mammifère qui se trouve devant elle.

    L’infidélité, un mot qui n’est guère apprécier. Personne n’aime être trahi, cela va de soit. Eskara se contre fiche de ces gens là. Elle est infidèle. Autant envers ses amis, ses amourettes de passage, et ses promesses. Ce n’est pas quelqu’un digne de confiance. Elle peut promettre des choses alors qu’à l’instant même où elle donne sa parole, elle sait très bien que jamais elle ne la tiendra.

    Manipulatrice, Eskara n’hésite pas à monter les loups les uns contre les autres afin d’obtenir ce qu’elle souhaite. Elle peut jouer de son charme pour troubler des inconnus et les induire en erreur. C’est sans remord qu’elle se sert de quelqu’un, lui faisant croire à son importance, pour ensuite dès qu’elle arrive à ses fins, le délaisser comme s’il n’avait jamais existé. D’ailleurs, qui existe réellement pour cette loupiote ? A croire que son existence ne se résume qu’à son besoin. Le bonheur des autres lui aie parfaitement inintéressant. Le détruire pour obtenir le sien ne lui cause aucune peine. Ce n’est pas une sans cœur, mais sa façon de penser lui accorde beaucoup de privilège.

    Son intelligence est assez remarquable. Tout ce qu’elle fait est totalement réfléchi. Chaque mensonge est élaboré à la perfection. Chacune de ses paroles prononcées ont été répétées dans sa tête afin de donner le décor idéal. Eskara sait comment analyser les loups, c’est d’ailleurs ce qu’elle fait aux premiers abords. Elle récupère toutes les donnés physiques pour en déterminer quelque chose sur l’individu. Une forte musculature lui indiquerait de ne pas se montrer trop faible, ni trop forte. Un corps frêle lui proposerait de jouer le rôle de la douce. On donne tellement d’information sur nous même rien qu’à la façon dont nous nous tenons. C’est ainsi qu’elle récupère ses premières sources pour de potentielles tactiques de manipulation, de nouveaux rôles à jouer, et de nouvelles cartes à distribuer.

    Personne ne connaît réellement Eskara. Elle ne se connaît même pas elle-même. A-t-elle un véritable cœur de pierre ? Détient-elle un cœur tendre sous sa carapace ? Le problème est que, son jeu est pratiquement constant. Mais nul ne sait la vérité. On croit qu’elle est ainsi, ou comme ça, tout dépend de ce qu’elle décide de vous jouer.


    Son Physique :


    Un pelage blanc, crème à certains endroits. Lorsqu’on le regarde, on a qu’une envie, c’est de le toucher pendant des heures. Et quand on le fait, on ne veut pas s’en décoller. Son poil est incroyablement doux et toujours propre, on pourrait presque croire qu’il est autonettoyant. Sous son ventre, elle a une ligne légèrement coloré, entre le crème et le marron qui s’arrête juste au commencement du poitrail.

    Des yeux ambrés, plus orangés lorsque le soleil les illumine. Quand on s’approche de plus près, on remarque beaucoup de nuances de jaunes autour des pupilles. Ils transmettent beaucoup d’émotion. Eskara a un regard intéressant et très changeant, elle peut captiver très vite celui des autres.

    Dans son ensemble, sa silhouette est assez carrée pour une femelle. Car malgré son âge, cette loupiotte est bien en muscle, il n’y a qu’à voir la taille de ses pattes pour le comprendre. Son corps inspire le respect à côté des autres louveteaux. On pourrait croire qu’avec une carrure comme cela, elle se tienne un peu comme un mâle, et pourtant c’est tout le contraire. Elle a l’allure d’une dame, toujours très élégante et attirante.

    La pointe de son museau est plus foncée que le reste de son corps, à vrai dire elle est presque noire. Cette marque durcie beaucoup ses traits et donne un petit côté agressif, ce qu’elle adore.



    Coconut’s
    Autres choses à dire ?
    I love you.

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MessageSujet: Re: #| Eskara - Maenwenn   Mar 21 Déc - 18:41

Faut que je commence à le jouer^^.

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MessageSujet: Re: #| Eskara - Maenwenn   Ven 8 Juil - 11:09

    Je n'aurais jamais cru pouvoir dire ça un jour mais...


PRÉSENTATION TERMINÉE

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MessageSujet: Re: #| Eskara - Maenwenn   Sam 9 Juil - 9:29

Oh j'ai trouvé une autre fada de l'écriture des histoires Mis à part que dans ce domaine, tu m'as complètement battue x)
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MessageSujet: Re: #| Eskara - Maenwenn   Sam 9 Juil - 10:42

Ah les histoires de mes persos, j'adore ça ! :)
Peut-être que je t'ai battu, mais vu le temps que j'ai mis à la faire... * Honte à moi *.

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J'aime beaucoup ton histoire, et ta façon d'écrire ! (:

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MessageSujet: Re: #| Eskara - Maenwenn   Sam 9 Juil - 13:34

Gracias

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MessageSujet: Re: #| Eskara - Maenwenn   Sam 9 Juil - 15:05

Bienvenue à la petite =)

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MessageSujet: Re: #| Eskara - Maenwenn   Dim 10 Juil - 12:39

Bouarf, le temps c'est rien, tant que c'est bien fait :)
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MessageSujet: Re: #| Eskara - Maenwenn   Dim 10 Juil - 20:13

Merci Kill'


:)

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